6-LA NORVEGE

 

J’arrive en Norvège le 4 novembre 2017.

Désormais, les paysages changent et je sens que l’Europe s’éloigne. La lueur du jour avec un soleil dans le dos plus orienté Sud Est-Sud Ouest et très bas en azimut, confirme que la terre est ronde (Merci Galilée) et que je me rapproche du Nord. Il est cependant encore très loin et c’est a Oslo que l’on en mesure l’importance. En effet, du Sud de la Norvège au Nord, il faut compter pas moins de 3200 kms et il faut plus d’une quarantaine d’heures pour se rendre d’un bout a l’autre???!

Dès ma sortie de voiture, j’entends un bruit que l’on ne remarque plus chez nous…les pneus autos, vélos sont cloutés. Beaucoup de personnes marchent avec des chaussures cloutées. Cela semble drôle au début et très utile par la suite. En effet, on se retrouve très vite sur du verglas ou de la glace et il n’y a rien de mieux pour éviter la casse. Après une belle bûche, sans conséquence, j’ai fini par m’équiper de semelles cloutées indispensables.

GARDERMOEN

Le 5 novembre, je vais retrouver Anne So à l’aéroport de GARDERMOEN à OSLO. Je garderais pour moi toute l’émotion ressentie, et j’emmène mon Anne So profité dans un premier temps, avant les bivouacs, de la Hitte (petite cabane traditionnelle) de Thove que j’ai découvert sur AirBNB.

 

LA HITTE chez THOVE

La cabane se trouve le long d’une piste de ski nordique facilement accessible, près de ENEBAKK. Avec douche extérieure (chaude) pour les plus courageux et tout le confort entre la hitte et le chalet de Thove. Cette cabane en rondins de bois est couverte d’un toit végétal épais qui favorise son isolation. Elle est équipée d’une pièce a vivre avec un poêle à bois, un canapé lit et une table. Une alcôve discrète sur le coté abrite un lit deux places douillet ou il fait bon se tenir chaud la nuit.

Thove est une hôte extraordinaire, qui nous a accueillie dans son charmant chalet au milieu de la forêt scandinave à 30 kms d’Oslo. C’est une femme qui a de multiples activités dans sa communauté, pour accueillir les gens, rendre les services de proximité, s’occuper des animaux, chevaux, chiens et préparer de fameux repas pour ses invités. Nous avons passé de très bons moments avec les amis qu’elle avait invité. Nous avons pu gouter à des plats, des desserts et des bières traditionnelles dont nous garderons de très bons souvenirs culinaires. Une très bonne adresse que je ne peux que recommander à tous pour un bon séjour et découvrir l’hospitalité norvégienne.

 

J’ajouterais que si ce chalet peut paraître excentrer par rapport à Oslo, le parking à Oslo est à 12 euros de l’heure. Nous avons pris le bus devant la propriété de Thove pour 15 euros aller retour pour deux personnes et passer la journée à Oslo. C’est très intéressant.

EN ROUTE POUR LE GALDHOPIGGEN

Mon Anne So est motivée pour gravir le Galdhopiggen ensemble et nous prenons la route. 360 kms et presque 6 heures de route. Et oui, la vitesse est limitée à 80 km/h et une bonne partie de la route de montagne est enneigée et verglacée…pas encore fermée…
Après avoir traversé de très beaux paysages, de jour comme de nuit, nous arrivons à 1000m d’altitude sur la route de la station de ski du Galdhopiggen. La route qui mène a la station située à 1885 m au pied du glacier, point de départ de notre trek, est fermée. Nous dormons dans la cellule du 4×4 et attendons le matin pour savoir si elle sera a nouveau ouverte…Hélas, ce ne sera pas avant le mois d’Avril 2018.

 

La météo est instable, il y a dix kilomètres d’approche à faire (20 aller-retour) et je ne connais pas le glacier. Nous décidons de ne pas attaquer l’ascension trop dangereuse avec un risque de « jour blanc » sur le glacier. Je garde dans l’idée de revenir plus tard, avec des conditions plus favorables.

LOM-SOLVORN-AURLAND-FLAM

Nous nous sommes dirigés par la route 15, qui passe par les cols et les plateaux les plus hauts de Norvège. Le décor qui nous était présenté par Mère nature, d’une intensité polaire indescriptible nous a laissé sans voix. Seule une petite souris, pourrait-on dire un hamster par ses couleurs au milieu de cette immensité blanche est venue nous surprendre. Nous l’avons observé un moment avant de repartir pour qu’elle ne s’éloigne pas trop de son foyer improbable en ces lieux.

 

Avant SOLVORN, nous avons aussi vu des vaches, courtes sur pattes, à la silhouette bouclée.

 

Arrivée a SOLVORN sur les conseils de notre amie Thove, nous découvrons un jolie petit village typique avec ses maisons blanches concentrées près du Fjord. Aux abords du village sont cultivés des plantations de « framboises ». Nous profitons des lieux pour un petit thé réconfortant auprès de commerçants très souriants.

 

Le lendemain matin, nous attaquons sous la pluie l’ascension du sommet au dessus de SOLVORN, le SOLVORNTEIGEN qui culmine à 1100m. Les chemins sont bien marqués au départ, mais nous manquons d’information à un croisement et prenons un chemin qui s’avérera être une exploitation forestière. Que neni! Avec mon aventurière, nous décidons de monter à travers bois dans une végétation au début luxuriante et agréable pour finir dans une zone plus marécageuse. Nous finirons par retrouver un chemin vers le sommet bien plus haut. Arrivé à un col situé a 850 mètres, il nous reste encore bien 200 mètres à monter, mais la neige et le brouillard commencent a couvrir le sommet. Il fait très froid et humide. Nous décidons d’assurer notre descente avant la nuit, les conditions devenant difficiles. La descente par un autre chemin s’avérera tout aussi difficile par les zones marécageuses que nous traversons. Elle nous donnera raison sur notre prudence et nous conviendra juste pour un retour Secure.

 

Après nous être réchauffer, nous prenons rapidement la direction de LARDAEL ou nous souhaitons dormir. Il s’agit d’un village reconnu pour sa pêche au saumon et la conservation de plus 170 maisons traditionnelles de pêcheurs. Nous avons le temps de prendre le premier FERRY de notre voyage avec le 4X4. J’étais très hésitant, craignant le cout de ce transport, mais il nous a fait gagner 130 kilomètres et 2h30 de détour pour…14 euros!!! En Norvège, il s’agit d’un transport très courant.

 

Nous visitons LAERDAL au matin et sous la pluie. Cette commune est très fréquentée en été car elle constitue le point de départ de nombreuses randonnées, via ferrata, canyoning… Nous sommes en hiver et tout est fermée et vide. Nous sommes toutefois content de cette visite et partons pour AURLAND.
L’occasion de traversée un tunnel de plus de 27 kilomètres avec de petites aires de repos aménages a l’intérieur.
A AURLAND, nous découvrons un superbe belvédère sur le Naeroyfjord qu’il domine et tentons de prendre la route de montagne malgré la neige. Nous faisons la trace dans le manteau neigeux, jusqu’a la barrière qui ferme l’accès au col. La virginité de ces lieux est malgré tout un délice pour nos yeux.

 

Nous nous arrêterons ensuite à FLAM, petit village formant l’origine du Sognefjorden le plus grand de Norvège, soit plus de 250 kilomètres depuis BERGEN et la Mer du Nord. Au fond de ce fjord ce sont des navires de mer qui sont amarrés et qui transportent les denrées nécessaire a la population locale. Nous mangeons ici sous des déluges de pluie et de neige avant de prendre la route de BERGEN.

BERGEN

Nous arrivons le soir à BERGEN et profitons rapidement d’un hamamm bienfaiteur après nos périodes et bivouacs humides et frais. Nous nous offrons un restaurant fameux à poisson car il faut tout de même bien profiter de ce lieu et de ses spécialités.

 

Après une nuit de repos près d’un parc en centre ville, nous visitons BERGEN, une ville portuaire très agréable avec sa vielle ville, son centre historique et les abords. Si BERGEN tient la réputation d’être pluvieuse 311 jours par an, nous profitons effectivement de cette réputation, mais découvrons des habitants correctement couverts et détendus, profitant des rues et des magasins du centre.

 

Ce sera aussi pour nous l’occasion de céder une nouvelle fois à la tentation d’une soupe traditionnelle de poisson et d’une salade tout aussi fameuse. L’équipe du FISCH.ME, restaurant de la criée qui nous accueille est formidable et nous y passons un très bon moment, amicale et gustatif. JONATHAN, jeune calédonien, ingénieur aéronautique, travaille dans ce restaurant et nous renseigne utilement sur les conditions de travail en Norvège et partage quelques expériences de ses voyages.

 

Une dernière visite de la ville et nous partons pour le Trolltunga et le Preikestolen dans le sud.

SUR LA ROUTE DU PREIKESTOLEN

Nous prendrons deux ferrys pour traverser des Fjords avant d’arrivée a ODDA et monter sur le site de départ pour la randonnée du Trolltunga. Il neige beaucoup et la marche pour le Trolltunga est annoncée pour 11 heures. Nous décidons de ne pas prendre le risque de marcher sur un sentier dangereux avec la neige, long et un retour probable de nuit. En cas de neige ou brouillard important, nous pourrions être coincer et n nous mettre en danger. Il faut considérer ici, que les conditions météos changent très rapidement et que nous ne sommes pas dans une période favorable pour l’ascension et pour les secours en cas de nécessité. N’ayant pas de marge, nous ne monterons pas au Trolltunga.

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Nous traversons de nouveaux et magnifiques plateaux d’altitudes, près de la station de ROLDAL, visitons les chutes de Lofosfen avant de rejoindre JORPLAND ou nous bivouaquons.

 

Le lendemain matin, nous nous rendons sur le site de PREIKESTOLEN.

LE PREIKESTOLEN

Il s’agit d’une table rocheuse pendue dans le vide à 650 mètres à l’aplomb du Lysefjorden. Nous ne le savions pas, mais le balais de trois hélicoptères durant la journée nous révèle que le site a servit de support dans les douze jours précédents au tournage avec TOM CRUISE du dernier MISSION IMPOSSIBLE. Les moyens mis en place à cette altitude sont colossaux, conformes aux productions américaines, mais cela nous permet aussi de profiter de ce site avec une activité très particulière. Le travail de ses as du transport aérien héliporté est remarquable.

 

Il faut souligner avec d’autant plus d’importance les qualités aériennes d’ANNE SOPHIE qui a affronter son vertige avec mesure, s’approchant du vide au dessus de la table avec une satisfaction manifeste. C’était un très bon moment pour nous…

Le panorama offert par cette ascension au dessus du Fjord mais aussi du coté mer et montagne vaut absolument l’ascension en ce lieu magnifique.

LE SUD de la NORVEGE

FLEKKEFJORD est un village de percheur que nous avons apprécié avec son vieux village, sa péninsule intérieur et l’accueil réservé spécifiquement aux voyageurs en camping-car ou véhicule aménagé. Une aire de plus de 35 places avec eaux potables, eaux usées, WC, douches chauffées, est praticable par toutes saisons.

 

L’extrême sud de la Norvège à MANDAL reste froide, mais nous avons retrouvé une météo plus clémente avec un soleil dont nous avons apprécié la chaleur restituée par les roches du bord de mer.

Après les visites de KRISTIANSAND et ARLEND, villes de villégiature, la neige nous a poursuivi à RISOR, petit port en bord de mer, au petit matin. Le retour vers OSLO s’est fait sous une neige abondante dans de bonnes conditions, car les norvégiens ont vraiment l’habitude de ces celles-ci. Ils sont aussi très bien équipés pour les affronter.

OSLO

Nous nous rendons à OSLO en bus depuis la hitte de Thove à ENEBAKK. Nous visiterons le centre ville et la vielle ville, le port jusqu’au Palais Royal. OSLO est une ville animée avec de grands monuments et une zone piétonne importante. La vie est aussi dense en extérieur que dans les nombreuses et immenses galeries marchandes à l’abri et au chaud.

 

C’était un très bon moment avec mon ANNE SO, avant le retour à la hitte de Thove qui annonçait aussi son retour en France le lendemain matin.

Je suis resté plusieurs jours dans la hitte afin de mettre a jour quelques documents. J’ai encore passé de bons moments avec Thove qui m’a invité avec des amis à un repas norvégien très convivial. Je me souviendrais de cet accueil et nous nous organiserons par revenir voir Thove après mes aventures…vraisemblablement en été 😉

RETOUR AU GALDHOPIGGEN 

Après le départ d’ANNE SO et mes trois jours passés dans la hitte, j’ai observé l’évolution de la webcam localisée à la station du Galdhopiggen. Le temps était favorable le matin entre 8h et 11h avant de se couvrir et provoquer un « jour blanc ». Par ailleurs, une fenêtre météo excellente se présentait dans les prévisions pour le mardi. Je quittais donc Thove à mon regret le lundi matin pour rejoindre la route d’accès au Galdhopiggen en passant par LILLEHAMER.

 

Après la période de neige et les -18° à 580 mètres, je m’attendais a ce que la route soit fermée dès le village de BOVARDALEN. En l’absence de barrière et d’information, je montais la route déjà emprunter avec ANNE SO jusqu’a 1000 mètres et la barrière toujours fermée. La route était en fait devenue une piste à motoneige et je la redescendais immédiatement pour respecter le site. C’était malgré tout l’occasion pour moi de tester le comportement de la traction du DMAX ISUZU dans ces conditions et le moins que son puisse dire, il n’a pas été en défaut démontrant de superbes qualité dans la neige…avec les pneumatiques BF GOODRICH fournit par le garage BALLEYDIER 4×4.

J’attaquais l’ascension en ski de randonnée à 19h pour parcourir 18 kilomètres et monter 1300 mètres plus haut à 1884 mètres d’altitude. Je montais ma tente d’expédition POLARMOND à 00h avec -20° mais…sous les aurores boréales…spectacle féerique.

 

A 7h du matin, je partais pour la traverser du glacier et l’ascension finale du GALDHOPIGGEN que je rejoignais vers 10h30 par -28°. L’occasion de croquer une pomme glacée, deux barres granitées et un chocolat dynamité.
La nature me récompensait alors d’un panorama polaire exceptionnel de toute beauté. Des étendus de sommets, de plateaux et de neige vierge aux quatre points cardinaux, sans aucun nuage et un soleil rasant que quelques clichés vous permettront d’apprécier. C’était un moment très fort pour moi avec la satisfaction personnelle d’avoir soutenu quelques douleurs gênantes à l’aine gauche sur les dernières pentes de l’ascension. Sans conséquence sur les jours suivants.

Une longue descente de près de 25 kilomètres pour rejoindre la voiture stationnée dans la vallée par -22°. Ma glacière réglée pour 4°C était à -6°C, les bouteilles étaient en glaçon et le volant était très froid sur plusieurs dizaine de kilomètres. Conduite avec des gants autorisée. 😉

Je me reposais alors sur TRONDHEIM à 380 kilomètres au Nord. Après TRONDEIM que je traversais au petit matin je roulais plein Nord, encore 600 kms vers MO I RANA et le cercle polaire.

LE CERCLE POLAIRE ARCTIQUE

Ma rencontre avec le cercle polaire arctique s’est faite dans des conditions particulières. Une tempête polaire s’est abattue sur la route du Nord, faisant chuter quelques arbres sur les lignes électriques et fermant toutes les accès. Ces conditions météorologiques étant courantes pour les Norvégiens, tout est organisé.

La route a été fermé avant un col de montagne infranchissable, au niveau de l’hôtel restaurant KROKSTRAN prévu a cet effet. Une trentaine de camions et quelques voitures se trouvaient immobiliser là dans l’attente de la réouverture de la route qui pouvait intervenir en soirée (il était 10h) ou le lendemain. Ce sera le lendemain a 6h.

 

Cette situation m’a permit de rencontrer les chauffeurs routiers dont j’admirais la conduite les jours précédents et d’échanger sur les qualités techniques de leurs tracteurs, pneumatiques, discuter de leurs conditions de travail en Norvège.
Une situation météorologique pour laquelle nous étions en sécurité, et qui nous permettait une rencontre opportune et conviviale.

 

Je décidais néanmoins, compte tenu des conditions météorologiques, de la durée du jour limitée à trois ou quatre heures dans le Nord, et des 1000 kms qui me séparaient encore du Nord et des deux points culminants de la SUEDE et de la FINLAND, de ne pas m’y rendre. En effet, je ne bénéficierai d’aucune sécurité et aucune marge pour engager une ascension seule dans un milieu totalement inconnu. Les chemins d’accès sur ces montagne ne sont pas matérialisés a cette saison. Je ne gravirais ni le KEBNEKAISE en SUEDE (2111 m), ni le HALTI-HALDI en FINLAND (1328 m). Les lacs et les Fjords sont gelés me contraignant a ne pas sortir le bateau non plus.
J’ai vu aux informations qu’une coupe du Monde de ski nordique avec quelques représentants français du team HSN se déroulait a KUUSAMO en Finland et décidait de m’y rendre. Maurice MAGNIFICAT, Lucas CHAVANAT, Damien TARENTOLA, Baptiste GROS étaient de la partie. Je quitte donc la NORVEGE après quinze jours, traversant rapidement la SUEDE pour les encourager.

 

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